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Les photos sont en bas de la page ↓







Église


Église de la Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste de Breuilaufa et sa Commanderie (privée)

 



Breuilaufa est une paroisse de création tardive.

L'arrivée des Ordres guerriers a modifié légèrement, au cours des XIIIème-XVIème siècles, le réseau paroissial.

C'est pour cela que les paroisses nouvellement créées sont petites et fortement découpées. C'est le cas de Breuilaufa, qui appartient à l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, aussi appelé Ordre de Malte.

Ordre hospitalier, créé à Jérusalem pour y recevoir et soigner les hommes et femmes de toutes les religions.

Le village doit son existence à l'installation d'une de leur sous-commanderie, les Hospitaliers y construisirent probablement à la fin du XIIe siècle ou au XIIIe siècle une église et une demeure pour le commandeur : le manoir des Commandeurs datant du XVème siècle. Cette paroisse dépendait de la Commanderie du Palais près de Limoges.

C'est un édifice rectangulaire, flanqué d'une tour ronde contenant un escalier à vis, aujourd'hui privé, l'édifice ne se visite pas mais accole l'église d'où il peut facilement être observé.


Plus tard, furent détruits les mâchicoulis et les cheminées, la tour fut ramenée au niveau de la toiture.

Ce manoir servit même pendant quelques années de grenier à grains.


Le 15 septembre 1587, la commanderie est attaquée par une bande de 15 à 20 individus, réformés huguenots (ou prétendus tels) qui la pillèrent et qui assassinèrent le fermier de la commanderie Jacques Melhaud d'un coup d'arquebuz ainsi que quelques moines.

Pour en savoir plus sur cet événement, cliquez sur l'image ci-dessous pour voir l'extrait du Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze de 1884 relatant l'attaque de la commanderie, d'après la source (Arch. du Rhône, fonds de Malte, Limoges)

D'autres informations sur Breuilaufa existent dans cette source (Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze de 1884)  ; voici une description du village et des moulins, cliquez sur l'image :










L’église, d’origine romane, datant du XIIIème siècle, a par la suite été presque entièrement reconstruite.

Des restaurations importantes sont intervenues aux XVIIème et XIXème siècles.

La date 1658, gravée sur la porte, indique probablement la réfection de la façade.




En 1655, au début du carême, la cloche tomba sur la voûte et se cassa.

En 1891, de nombreuses réparations y ont été effectuées, et correspondent à son état actuel : un clocher-mur précède à l’ouest la nef unique.






L'entrée est un 'portail Limousin à deux voussures' du XIIIème siècle. Il est encadré par des 'contreforts à glacis' (XIIIème siècle), et percé de deux arcades. Un 'pignon à double rampant' le termine et une 'croix antéfixe' le surmonte. Une 'frise chapiteau sculptée en granit de feldspath rose' orne la façade.





Le cimetière est contemporain de l'église et lui est accolé.

Cinq soldats allemands de la seconde guerre mondiale y sont enterrés, dont un adjudant : ceux-ci avaient été tués dans une embuscade tendue par le Maquis, le 8 juin 1944, à la Betoulle (Breuilaufa).


13 décembre 1978, l’église est inscrite aux Monuments Historiques.

Le Saint Patron de l’église est Saint Jean Baptiste.

L’église est composée d’une nef unique à deux travées, dont les voûtes d’ogives n’ont pas été achevées, et d’un chœur à chevet droit, également voûté, à priori dès la construction de l’édifice.




Elle possède des murs, de couleur beige claire, enduits à la chaux aérienne talochée et comporte trois vitraux. Le parquet du plafond de la nef, rénové lui aussi, est en châtaignier, peint à la chaux et traité en bois apparent.








L'église, longitudinale, est dépourvue de transept : la nef et le chœur se succèdent dans une même trajectoire. Cependant, on retrouve la forme de la croix, caractéristique des églises catholiques, dans le sol.



Le vaisseau central permettant d'accéder au chœur est en pierre de taille grise et forme une croix. Deux rangées de bancs le bordent latéralement, des tomettes saumon apportent une touche de couleur.



Au niveau des bas-côtés de la nef, un récent système de double drainage intérieur et extérieur permet d'évacuer l'humidité.

La clé de voûte semble représenter une croix de Malte.


Il y avait autrefois (attesté en 1601) près de l'église de Breuilaufa une chapelle de 'Notre Dame de Grâce', qui a été détruite en 1735.






Objets inscrits aux Monuments Historiques :

  • Gradin d'autel
  • Autel
  • Tabernacle
  • Retable formant dais à super-ciel du XVIème siècle, dont la frise, inscrite aux Monuments Historiques en 2002, venait d'un meuble de la Commanderie,
  • Bannière de procession (XIXème siècle) représentant d'un côté la vierge Marie et de l'autre Saint Jean-Baptiste orne le fond de la vitrine. Inscrite aux Monuments Historiques en 2003, cette bannière incrustée de pierres précieuses a été restaurée avant de prendre place dans la vitrine en 2012. Elle servait, au temps des processions, aux moines qui la portaient sur leur dos jusqu'à la Croix des Varvauds, située à la sortie du village. 
  • Statue de Saint Jean-Baptiste (XVème siècle) Près de l'autel, on trouve une statue de Saint Jean-Baptiste, dépourvue de sa tête. Datant du XVème siècle, la sculpture de granit en pierre est classée depuis 2001.


     


Objet classé aux Monuments Historiques :

  • Vierge à l'Enfant de procession,

Fabriquée au XIIIème siècle par des émailleurs limousins, constituée de plaques de cuivre rouge repoussées au marteau, ciselées et dorées puis  clouées sur une âme de bois de chêne, dont la partie inférieure constitue le siège ; elle est évidée à l'arrière, car elle était anciennement destinée à contenir une réserve eucharistique donc à servir de tabernacle (réserve d’osties). Le même assemblage de plaques est utilisé pour la Vierge à l'Enfant de Soubrebost.

Elle est faite de cuivre, de cristal de roche et d’émaux, Marie est assise sur un trône et sur ses genoux elle porte l’enfant Jésus.

La Vierge devait tenir autrefois dans la main droite un sceptre ou une fleur, dont la pointe perçait le genou.

Classée aux Monuments Historiques le 20.06.1891. Restaurée avant 1962 par l’atelier Toulouse Paris.





(Déposée au musée de l'Évêché à Limoges puis réintégrée en 2012)

Dérobée à plusieurs reprises, elle fut longtemps conservée en tant que statue de dévotion ; la statue aurait fait le tour du monde et aurait été exposée à New York et en URSS dans les années 1960.


Lors de la restauration effectuée avant 1965, la couronne manquante de la Vierge fut remplacée par une imitation de celle du Christ et le cristal de roche, ornant l'encolure de la robe, restitué.
L'émail a été utilisé pour les yeux des deux personnages et la ceinture de la Vierge. L'oeil lui-même, sur le bord de la sclérotite, est en émail monté en bâte comme une pierre précieuse ;  l'iris est en émail champlevé et la prunelle en émail cloisonné.  La ceinture possède aussi de l'émail     bleu champlevé.

La Vierge a été rapportée selon la tradition, par un croisé chevalier de Malte, qui en aurait fait don à la commanderie située au nord de l’église. Mais, nous savons qu'elle a été exécutée pour l'ancienne sous-commanderie des Hospitaliers de Jérusalem où elle était utilisée comme Vierge de procession et tabernacle ; elle se trouvait auparavant dans la Chapelle Notre-Dame qui lui était dédiée (aujourd'hui détruite) non loin de l'église.

Cette Chapelle possédait un tombeau, il semble que cette pierre près de l'église en soit un reste.

Une légende dit que la Vierge possède un cœur en or.

Le 28 Mars 1867, le curé de Berneuil, gérant la paroisse de Breuilaufa, écrivit à un organisateur de l'exposition universelle de Paris, qu'il ne lui enverrait pas la Vierge pour y être exposée comme on le lui avait demandé ; il explique qu'une procession annuelle incluant la Vierge doit avoir lieu au cours du mois d'Avril, mais aussi que les paroissiens et habitants de Breuilaufa s'opposaient à son départ à l'exposition, vénéraient la Vierge et auraient pu voir dans le départ de la Vierge, la cause de leurs désagréments et soucis divers.



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Certains voient une similarité entre la Vierge de Breuilaufa et les célèbres gisants des enfants de Saint-Louis se trouvant dans la basilique Saint-Denis et datés de 1250.

L'extrait légèrement remanié qui suit provient de cette source :

  • Bull. de la société archéol. et hist. du Limousin, t, CXXX, 2002, l'église hospitalière de Breuilaufa et "l'image de Notre-Dame en bosse de bronze doré, fort biau" par Jean François Boyer et Véronique Notin.

Tête du gisant de Jean de France dans la Basilique Saint-Denis

De nombreux points communs, comme  la tradition Romane de la frontalité des figures, les plis à bec, caractéristiques du style en vigueur au milieu du XIIIème siècle, les visages, dont celui de Jean de France, ayant la même face ronde et plate que la Vierge, une coiffure lisse, gravée au trait en surface, dont la coupe au carré adoucie par un rouleau bouclé se crante légèrement à hauteur des oreilles et forme 'ressaut' autour du visage, comme chez l'Enfant de la Vierge de Breuilaufa, le profil comme l'articulation des traits, au tracé ferme et pur, correspondent également à ceux décrits pour la Vierge, surtout les yeux, colorés d'émail avec cloison métallique de séparation et surtout le détail du sourcil souligné par un trait incrusté d'émail noir, confirment l'étroite parenté entre les deux visages. Le détail technique du sourcil émaillé, sans autre équivalent connu, permet d'attribuer les sculptures à un même atelier, voire à une même main et conduit à rejeter l'hypothèse d'un écart chronologique important entre elles.

Pierre tombale des sépultures des enfants de Saint Louis : Blanche et Jean

Deux détails supplémentaires confirment encore le rapprochement : les pieds de Jean sont ornés du même décor gravé que ceux de la Vierge et surtout, les plis de la manche droite de la Vierge et de la manche gauche de l'Enfant, discrètement indiqués par un fin trait double, gravés avec un léger tremblement à la surface du métal, trouvent leur exact équivalent sur les manches du gisant du Prince Jean.

Le "Maître" de la Vierge de Breuilaufa aurait donc compté parmi ses clients, outre les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, le Roi de France lui-même.



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Si, aujourd'hui, l'historien Pascal Texier trouve très belle et rare cette Vierge ce n'était pas le cas de l'historien de la fin du XIX ème siècle, Léon Palustre, qui, lui, la trouvait maussade et grossière : les appréciations varient mais la Vierge reste !


En fait, les photographies de l’œuvre circulant à l'époque permettent de comprendre les raisons de ces jugements sévères : la Vierge était assise sur un trône rafistolé, dépourvue de sa couronne et son crâne se prolongeait d'une protubérance de bois disgracieuse, sans revêtement métallique (voir image).

Elle fut par la suite restaurée (1935) et révisée en 1965 (avant une exposition à Paris) avec une couronne de cuivre dorée neuve.

Source : Bull. de la société archéol. et hist. du Limousin, t, CXXX, 2002, l'église hospitalière de Breuilaufa et "l'image de Notre-Dame en bosse de bronze doré, fort biau" par Jean François Boyer et Véronique Notin.




Venez la voir pour vous faire un avis !








Dans le courant du XIIIe siècle, l'église fut décorée d'un ensemble d'objets en orfèvrerie de cuivre, émaillé ou non, fabriqués à Limoges. Beaucoup étaient encore conservés au XVIIe siècle (pyxide, reliquaires, croix, chandeliers...).

De nombreux objets ont disparu de cette église ou ont été détruits : ciboire des malades en laiton, une châsse de cuivre émaillée servant de support à un ciboire de procession lui aussi émaillé, une custode émaillée, deux chandeliers en laiton émaillés etc...

Plusieurs vases anciens y ont été volés dans les années 60, d’autres ont été détruits depuis longtemps, comme des statues de Sainte Anne ou de Saint Blaise apparemment trop dégradées pour être conservées ; il y avait autrefois un autel pour Sainte Anne et un pour Sainte Radegonde.



Une vitrine de verre, sous alarme, abrite plusieurs objets uniques :

Quatre vases à fleur de porcelaine du XIXème siècle, entourés d'objets religieux des plus classiques comme l'ostensoir soleil ou une statue du Christ en croix, un calice en argent massif et vermeil, imitation or, offert par le Pape Léon XIII lors de son jubilé de 1888, la bannière de procession et la Vierge à l’Enfant.

Ces trois derniers objets remarquables sont l'héritage de l'Ordre des Hospitaliers.

Aujourd'hui, cet ensemble connaît un regain de vitalité, puisque la municipalité, avec le concours de la Fondation du Patrimoine, a impulsé de nouveaux travaux ayant permis à l'église de retrouver toute sa présence ; Mr Jean-Marie Beaubelicoux sera ravi de vous la faire visiter.

Cliquez ici pour lire l'historique des travaux récents de l'église, ici pour voir quelques photos de l'église avant sa restauration et ici pour voir des photos prises lors de l'inauguration de l'église après ses travaux.




Vieille photo prise devant l'église

Peinture de l'église par Michel Vidra



Sources utilisées pour la rédaction de cet article :

  • Sources locales
  • http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/departement/haute-vienne/2014/08/17/decouvrez-leglise-de-breuilaufa-cinquieme-etape-de-notre-tour-de-haute-vienne_11112814.html
  • http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/departement/haute-vienne/2014/08/17/la-vitrine-de-la-vierge-tresor-de-leglise_11112818.html
  • http://www.nieuletalentoursenlimousin.fr/le-musee/nos-demeures-et-autres-edifices/les-eglises-et-autres-edifices/01-l-eglise-de-breuilaufa.html
  • http://www.tourisme-hautevienne.com/spip.php?article1372&var_recherche=breuilaufa
  • http://www.culture.gouv.fr/emolimo/breuilau.htm
  • Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze, tome 6, 1879
  • Bull. de la société archéol. et hist. du Limousin, t, CXXX, 2002, l'église hospitalière de Breuilaufa et "l'image de Notre-Dame en bosse de bronze doré, fort biau" par Jean François Boyer et Véronique Notin.

 


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Beaucoup de photos de l'église, toutes récentes datant d'après sa restauration, extérieur, intérieur, mobilier, objets, même une photo d'une Vierge à l'enfant en papier mâché réalisée par Mr Heudes qui fut exposée dans l'église, mais aussi quelques photos de concerts donnés dans l'église, le Tro Lyricus, les Chorales : Les Chœurs de la Glane d'Oradour-sur-Glane, Mélodica de Saint-Gence et les Chants fleuris de Landouge sous l'égide du chef de chœur Claude Ruiz, environ 70 photos en tout.



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